01 janvier - 31 décembre
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Au cœur du bourg s’élève l’église Notre-Dame de Bonneval. Ses fondations remontent à la fin du XIIe siècle, la rendant contemporaine de la cathédrale Notre-Dame de Chartres. Du style roman initial ne subsistent que les parties basses du chevet ainsi que les trois fenêtres en plein cintre voisines dans chaque collatéral. Le reste de l’édifice offre un pur style gothique primitif de la fin du XIIIe siècle. Une série d’aménagements et de restaurations au XIXe siècle est venue compléter l’ensemble sans le dénaturer.
En raison de sa remarquable homogénéité architecturale, l’église est classée Monument historique depuis 1954.
Le remarquable triforium de la nef, avec sa galerie d’arcades ogivales, impressionne dès l’entrée. L’harmonie et l’équilibre des lignes font de cette galerie la partie la plus artistique de l’édifice. Au-dessus, on admire des fenêtres en ogive qui captent et diffusent la lumière. En observant plus attentivement, on distingue des chapiteaux ornés de crochets alternant avec des visages humains.
Le chœur est surplombé d’une voûte en coupole, élément rare au nord de la Loire.
Les bas-côtés sont consacrés à Marie au nord et à Joseph au sud.
Saint patron de Bonneval, saint Gilles, d’origine athénienne, est réputé guérir malades et infirmes. Au XIIe siècle, une léproserie est fondée à l’entrée nord de la ville, dans l’actuelle zone Saint-Gilles. Comme ailleurs en Europe, ces maladreries accueillaient les lépreux, redoutés au Moyen Âge. Pour soutenir la maladrerie Thibault V de Blois, oncle du roi Philippe-Auguste instaura une foire de trois jours, aujourd’hui perpétuée par la « brocante de la Saint-Gilles ».
À l’entrée de l’église de Bonneval, deux grands tableaux issus du réfectoire de l’abbaye Saint-Florentin-et-Saint-Hilaire attirent le regard. Offerts à la commune vers 1793-1794 par Pierre Dutartre, second propriétaire privé du monastère, ils représentent La Multiplication des pains et Jésus chez Simon le lépreux. Ce dernier est une copie d’après la toile La Pénitence, issue de la série des sept sacrements de Nicolas Poussin, maître du XVIIe siècle.
Construits en 1904 par l’abbé Victor Tronchet, prêtre d’Eure-et-Loir et facteur d’orgue, ces orgues témoignent de son influence sur la musique sacrée du début du XXe siècle. Le buffet, réalisé par un ébéniste, repose sur une tribune. Depuis 1983, l’instrument s’est enrichi : il compte 17 jeux et 1 156 tuyaux. Derrière lui, trois lancettes figurent le Christ en croix, entouré de la Vierge Marie et de saint Jean.
Dominant le maître-autel, la rosace de 1871 célèbre la Vierge et les saints patrons locaux. Posés entre 1885 et 1893 par les ateliers Claudius Lavergne, dans l’esprit du renouveau médiéval du XIXe siècle, les vitraux sont consacrés à l’Eucharistie, à Marie, à saint Joseph et aux grands épisodes de la vie du Christ. Certains vitraux, comme la grotte de Lourdes, la Vierge noire, l’Assomption et Sainte Thérèse sont plus tardif.
Probablement datés du XVIIIe siècle, ces fonts baptismaux témoignent de l’essor de ce mobilier, alors très répandu : près d’un millier furent créés ou remaniés durant ce siècle. Comme beaucoup d’exemplaires de l’époque, ils sont en marbre noir veiné de blanc. La cuve ovale repose sur un pied balustre et l’ensemble est orné de motifs de godrons, caractéristiques du décor classique.