01 juillet - 31 août
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En 1920, la commune rejoint la coopérative de reconstruction des églises du diocèse d’Arras qui lui choisit l’architecte Honoré Pons. Pour l’église de Dury – reconstruite entre 1923 et 1925 – il s’inspire de l’art roman et propose une nef flanquée de bas-côtés et terminée par un chœur arrondi. Il ajoute une particularité en plaçant l’entrée à l’opposé du clocher. Les vitraux sont réalisés en 1926 par la Compagnie des vitraux d’art de Bruxelles grâce aux dons de la population. Quant à l’aménagement, le mouvement artistique en vogue dans les années 1920 est l’art déco. Le mobilier liturgique en est un parfait exemple : maître-autel, stalles, confessionnal…
Dans les années 1950, après un second conflit mondial, l’artiste Émile Flament se trouve à Dury. Il travaille sur une fresque décorative dans le chœur. Les visages des personnages entourant le Christ ressemblent curieusement à ceux des habitants. En effet, la réalisation de cette fresque est possible grâce au financement exclusif de donateurs. Pour conserver ce souvenir et les remercier de leur généreuse participation, il écrit leur nom sur une liste qu’il scelle dans le mur.
L’église de Dury ne raconte pas une simple histoire de reconstruction : elle témoigne du renouveau de ce village, par un geste discret et ô combien précieux pour les générations suivantes.
Une simple colonne en grès forme le support sur lequel repose une cuve en cuivre à double bassin. L’ensemble daterait probablement du XVIe siècle et est protégé au titre des Monuments historiques depuis 1986.
Une clôture est installée à partir de morceaux de l’ancien banc de communion.
Réalisée en 1951-1952, cette fresque illustre la Cène, la Crucifixion, la Résurrection et l’Ascension. Son plus grand secret se cachait derrière la peinture : un cartouche contenant la liste des donateurs, dont les visages apparaissent sous les traits des personnages entourant le Christ. Ce geste de l’artiste rappelle l’engagement d’une communauté unie dans le renouveau du village après les épreuves des deux conflits mondiaux.
L’entre-deux guerres voit émerger un renouveau de l’art sacré, en faisant entrer l’art contemporain dans les églises par l’intermédiaire d’un nouveau courant artistique : l’art déco. Le mobilier liturgique en utilise les codes généraux : formes géométriques et simplicité dans le décor.
Ainsi, les stalles, la clôture des fonts baptismaux, la chaire et les autels sont un parfait exemple du développement de ce style artistique dans les provinces.
La participation de la population pour la décoration et l’aménagement est très forte dans l’église de Dury. Cet élan collectif démarre dès les années 1920 avec le financement des vitraux et du chemin de croix, qui conserve encore le nom des donateurs sur chaque cadre.
Né à Dury en 1853 dans une famille paysanne très croyante, il rejoint rapidement les missionnaires d’Afrique et est ordonné prêtre en 1877 à Alger. Deux ans plus tard, il arrive au Buganda (Ouganda) dans la première caravane missionnaire catholique dirigée par Léon Livinhac. Surnommé « Mapéra » (mon Père), il contribue à l’implantation du catholicisme dans la région avant de mourir en 1890 à seulement 37 ans.
Dury, c’est un petit paradis de nature à proximité de la Vallée de la Sensée. Labelisée village patrimoine, la commune s’est figée dans le temps avec ses bâtiments en brique, sa ferme carrée, ses grandes demeures du début du XXe siècle, son ancienne brasserie et son ancien moulin électrique à farine. Puis au détour d’une rue, ou simplement avant d’entrer dans l’église, un témoin du passé meurtri, un souvenir de la Grande Guerre.
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