01 avril - 01 novembre
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dim 10.00 - 18.00
Seulement le 1er dimanche du mois, sauf en juillet-août (tous les dimanches).
dimanche 9.30
Au cœur du Saulnois, le « Pays du Sel », l’ancienne place forte de Moyenvic borde la Seille, rivière essentielle à son histoire. Le site est très ancien : des vestiges datent du Néolithique et de l’âge du Bronze. Mais c’est surtout l’âge du Fer qui marque durablement le territoire, avec une exploitation proto-industrielle des sources salées naturelles de la vallée, célèbre pour ses briquetages.
La dernière saline de Moyenvic ferme en 1897, durant l’annexion de l’Alsace-Lorraine par l’Empire allemand, période où le village est renommé « Medewich ». Épargné par la Première Guerre mondiale, il est en revanche entièrement détruit en 1940 par quelque 500 obus et dix bombes incendiaires. Les habitants sont expulsés et des familles du pays de Bitche y sont relogées.
Libéré le 8 novembre 1944, le village doit être entièrement reconstruit. Le ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme confie ces travaux à l’architecte Pierre Pagnon.
La reconstruction de l’église actuelle est menée en 1965 par l’architecte parisien Gilles Bureau. Elle remplace l’ancienne église gothique du XIVᵉ siècle, classée Monument historique. Son vocable, rare, rend hommage aux saints grecs Agent, Pient et Colombe, venus évangéliser le territoire au IVᵉ siècle et qui vécurent en ermites à Moyenvic. Ils sont célébrés le 30 octobre.
Ne vous laissez pas impressionner par l’apparence brute et froide du béton extérieur : l’intérieur révèle une douce lumière bleutée. Au sein d’un mobilier résolument moderne prennent place quelques éléments plus anciens, harmonieusement intégrés.
Les vitraux sont nés d’une collaboration entre le peintre lorrain Camille Hilaire, le sculpteur Claude Goutin et le maître-verrier Benoît. Réalisés en dalles de verre insérées dans le béton, ils baignent l’église d’une lumière colorée : une grande verrière éclaire le chœur, tandis que 50 baies rectangulaires en quinconce illuminent la nef.
Le chemin de croix se lit dans les vitraux bas de la nef. Les stations, sculptées par Claude Goutin, mêlent éléments de béton et touches de grisaille. Intégrées aux dalles de verre, elles offrent une interprétation moderne et lumineuse de la Passion.
Au fond du chœur se trouve une stèle funéraire en forme de croix latine datée de 1553. En son centre, une main tient un seau d’eau bénite, motif rare et symbolique. Cette stèle, probablement issue de l’ancien cimetière, témoigne de l’histoire ancienne de la paroisse.
Le buffet d’orgue provient de l’abbaye de Salival. Daté du XVIᵉ siècle, il présente un riche décor Renaissance, comparable à celui de la chaire de l’église Saint-Marien de Vic-sur-Seille. Ses panneaux sculptés, rescapés de l’ancienne tribune détruite en 1944, ont été remontés en 1970 par Haerpfer-Erman sur le buffet actuel, témoignant d’un remarquable savoir-faire régional.