01 janvier - 31 décembre
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À l’origine, la commune était composée de deux bourgs : celui de Montsoreau, dominé par son château de style de transition entre le château fort médiéval et la Renaissance, et celui de Rest, marqué par l’église Saint-Pierre. C’est autour de ce dernier bourg qu’un premier village s’est développé grâce à son port, moteur de l’essor économique de la cité par le commerce du vin et de la pierre.
L’église Saint-Pierre de Rest a longtemps été à la fois paroissiale, desservie par un prêtre, et prieurale, avec des offices célébrés par un prieur dès le XIe siècle.
L’édifice actuel, en pierre de tuffeau, succède sans doute à un sanctuaire plus ancien. Son architecture illustre le gothique angevin : le chœur, le transept et le clocher, édifiés entre la fin du XIIIe et le début du XIVe siècle, en témoignent. Le chantier, interrompu faute de moyens, a laissé certains éléments inachevés. La nef fut quant à elle reconstruite au XVIIIe siècle dans un style néoclassique.
Après la Révolution française, l’église perdit son statut prieural mais conserva son rôle paroissial. Elle reçut alors plusieurs œuvres et éléments de mobilier provenant de la prestigieuse abbaye voisine de Fontevraud.
Malgré les restaurations et remaniements des XIXe et XXe siècles, l’église Saint-Pierre de Rest a su préserver son authenticité. Témoignage précieux du patrimoine religieux de la vallée de la Loire, elle est protégée au titre des Monuments historiques depuis 1952.
Elle a été reconstruite vers 1787-1788 en moyen appareil de tuffeau, avec un toit à long pans couvert d’ardoises. L’intérieur est éclairé par trois baies en plein cintre au Nord et deux autres au Sud. Deux portes s’ouvrent à l’Ouest et au Sud. Elles sont surmontées d’un fronton triangulaire et d’un oculus pour l’entrée principale. À l’intérieur, le plafond est lambrissé.
Cette sobriété contraste avec le reste de l’église voûtée en croisées d’ogives.
Après les crues de 1843 et de 1856, dont les repères sont encore visibles dans la nef, face à l’insalubrité de l’édifice qui altère la sante des prêtres, l’évêque ordonne des réparations immédiates au bâtiment ou sa destruction au profit d’une nouvelle église à construire en partie haute de la commune. En 1863 le conseil municipal confie les travaux à l’architecte Ernest Piette. Mais en 1866, la Loire s’invite à nouveau dans la nef, comme l’atteste une nouvelle marque de crue.
Situé au-dessus de la porte principale de l’édifice, il est doté d’un vitrail en dalles de verre travaillées par écaillage et assemblées par réseau de ciment. Au centre sont représentées les armes de Montsoreau par la croix dans l’écusson et les trois fleurs de lys dans un bandeau bleu. Ce vitrail a été réalisé au début des années 1960 par Alain Cléry, prêtre et vitrailliste de formation.
Les vitraux du chœur et de l’abside ont été offerts par la famille Bruneau-Bucaille en 1878, à la suite de la mort tragique de leur fille et de leur petite-fille. Dans le chœur, le vitrail central est consacré au Sacré Cœur et les baies latérales représentent sainte Thérèse et sainte Marguerite, les saintes patronnes des disparues. Un autre vitrail représente sainte Jeanne d’Arc en prière. Deux autres baies représentent des épisodes de la vie du Christ dans des médaillons.
Cette crucifixion est une copie de celle conservée à l’abbaye voisine de Fontevraud et qui était autrefois abritée dans l’église de Montsoreau à la suite de la dispersion du mobilier abbatial au moment de la Révolution française. Elle date de la première moitié du XVIe siècle.
Un ensemble de stalles, dont la tradition fait remonter la présence au moment du dépouillement révolutionnaire de l’abbaye de Fontevraud, est aujourd'hui disposé dans le chœur. Datant sans doute de la fin du XVe siècle, elles présentent des miséricordes et appuie-mains sculptés d'ornements végétaux et de grotesques. Cet ensemble est protégé au titre des Monuments Historiques depuis 1902.