01 novembre - 30 avril
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L’église Saint-Martin, considérée comme une merveille de l’art roman, est située au centre du bourg de Creully, construit sur les rives du fleuve côtier de la Seulles.
Son histoire commence avec l’installation des Vikings sur le sol normand. Un descendant du fameux Rollon fonde la première forteresse de Creully, qui devient au fil des ans le siège d’une baronnie normande. Aujourd’hui, cette forteresse est réputée l’une des plus anciennes et plus importantes du Calvados.
L’architecture de la forteresse présente de très fortes similitudes avec celle de l’église dont la construction, qui lui est contemporaine, remonte au XIIe siècle. L’ensemble architectural roman est toujours visible aujourd’hui, même s’il a été remanié au XVe siècle puis au XIXe siècle lors de la restauration de l’église.
Découvrir l’église Saint-Martin de Creully permet de rencontrer un impressionnant et abondant décor roman, tout droit sorti de l’imagier médiéval. Que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’édifice, de nombreuses têtes sculptées accompagnent les curieux dans leur visite. Les motifs caractéristiques du décor roman normand sont également visibles, tels que les godrons ou les arcs en zigzags.
À cette architecture romane viennent s’ajouter des éléments plus tardifs comme l’enfeu du tombeau d’Antoine III de Sillans, seigneur de Creully en 1641, la tour octogonale du XVIIIe siècle, ou encore le porche du XIXe siècle dont le tympan représente saint Martin.
L’église est protégée au titre des Monuments Historiques depuis le 1er mars 1879.
Cette statuette en calcaire date du XVIIe siècle. Elle proviendrait de la chapelle du château de Creullet (à la sortie de Creully en direction de Crépon). D’après la légende, Marguerite fut jetée dans une fosse par un gouverneur à qui elle se refusait. Engloutie par un énorme dragon, elle en ressortit vivante. C’est la raison de la présence sous ses pieds du dragon, une manière assez simple de l’identifier. Cet épisode a fait d’elle la patronne des femmes en couches.
Taillé dans le chêne, il provient de l’église toute proche de Coulombs où est encore conservé son jumeau. Son décor sculpté est caractéristique du XVIIIe siècle : des lignes courbes harmonieuses, d’élégants pots à feux aux extrémités, de belles palmes, des petits crochets finement découpés. Ce confessionnal compte trois loges : le confesseur se tient au milieu dans la loge fermée d’une porte et les pénitents prenaient place latéralement.
Aujourd’hui installée sur un ancien bénitier, cette Vierge à l’Enfant du XVIIIe siècle, en calcaire, est sculptée sur un modèle assez courant dans la région. On trouve des statues très proches stylistiquement dans les églises voisines : position imposante de la Vierge, enfant Jésus habillé d’une longue tunique, main de la Vierge le soutenant assis, visages poupons. L’hypothèse d’un même atelier peut être soulevée sans certitude.
Jusqu’au XIXe siècle, deux tombeaux se faisaient face : celui d’Antoine de Sillans (1507-vers 1570), seigneur et baron de Creully, détruit lors de la construction de la chapelle nord, mais dont l’épitaphe transférée au pied de l’autre tombeau est encore visible. Ce dernier est celui d’Antoine III de Sillans, marquis de Creully, décédé en 1641. Les armoiries de la famille couronnant le tombeau, buchées à la Révolution, et tenues par 2 anges en pleurs, furent rétablies ensuite.
Un graffito est une inscription ou un dessin « gravé » dans la pierre. Le calcaire de Caen et de Creully, très tendre, a favorisé ce mode d’expression. Sur la côte et dans les terres existent des graffitis marins. On en trouve sur le mur extérieur de l’église, côté rue. Ils représentent de grands navires à de trois mâts. On y voit également des rangs de canons rappelant les silhouettes des vaisseaux. Y aurait-il un lien avec les navires de la bataille de la Hougue en 1692 ?
3 personnages ornent cette verrière. A gauche, on retrouve sainte Marguerite et ses attributs (le dragon gueule ouverte à ses pieds, le crucifix, et la palme que tiennent tous les saints ayant subi un martyre). Au centre, saint Martin représenté en évêque (il fut évêque de Tours) : grand évangélisateur de l’ancienne Gaule, il est par dès lors patron de très nombreuses églises dont celle-ci. On le retrouve sculpté en train de partager son manteau avec un mendiant au-dessus du porche principal. A gauche, saint Clair, ermite et abbé du VIIe siècle, il tient lui aussi la palme des martyrs puisqu’il fut décapité. Si ce vitrail n’est pas signé, une autre baie du chœur porte la marque de Louis-Victor Gesta (1828-1894) maitre-verrier à Toulouse, le même qui exécuta également certains vitraux de l’église toute proche de Coulombs.